Mon discours au meeting de Benoit Hamon

  • 28 janvier 2017

Mon discours lors du meeting de Benoit Hamon

Vous pouvez retrouver mon intervention à l'occasion du Meeting de Benoit Hamon à Lille le 28 janvier dernier. Un meeting marqué par une volonté de rassemblement de la gauche derrière ses valeurs, dans la ville de Pierre Mauroy et de Martine Aubry, tout un symbole !

Publié par François Lamy sur jeudi 2 février 2017

Chers amis,

Quelques mots pour vous dire combien je suis heureux d’être avec vous ce soir, ici à Lille, dans la ville de Pierre Mauroy, dans la ville de Martine Aubry, dans ma ville, pour soutenir Benoit Hamon dans cette dernière ligne droite qui doit le conduire à la victoire dimanche soir.

Heureux parce qu’à quelques heures du vote, je sens la mobilisation s’amplifier et parce que je sais que si nous ne relâchons pas nos efforts, alors la victoire est possible dimanche soir.

Je suis heureux enfin, parce qu’avec Benoit, malgré nos différences, nous nous sommes toujours retrouvés depuis 20 ans au moment où les socialistes et la gauche avaient des choix essentiels à faire pour l’histoire.

En 1993, derrière Michel Rocard pour renouveler le Parti Socialiste au moment des Etats Généraux qui, je le sais, ont ouvert la voix de la victoire de 1997.
Sous le gouvernement de Lionel Jospin, où Benoit au cabinet de Martine, moi à la tête de son réseau de parlementaires, nous avons contribué fortement à l’émergence de ces grandes réformes, des emplois jeunes, des 35 heures ou de la couverture maladie universelle.

Ensemble encore lorsqu’il a fallu après le terrible congrès de Rems reconstruire le Parti Socialiste derrière cette grande première secrétaire que fût Martine Aubry.

Ce que l’on sait moins, c’est ce que nous avons fait tous les deux, dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, pour que l’économie sociale et solidaire soit l’un des moteurs du développement économique et social des quartiers populaires.

Et je n’oublie pas la bataille que nous avons menée à l’intérieur du gouvernement pour que l’on ne renonce pas à deux réformes essentielles de reconnaissance et de lutte contre les discriminations, je veux parler de l’instauration du récépissé lors des contrôles d’identité et du droit de vote pour les étrangers aux élections locales auquel nous ne renonçons pas.

Oui Benoit a été de tous ces combats de la gauche de gouvernement, cette gauche qui veut conquérir le pouvoir pour transformer la société, même devant l’imprévu, même devant les difficultés, sans renoncer à ses valeurs et à ses convictions.

Benoit, son parcours le montre, c’est cette gauche véritablement moderne, qui sait comprendre le présent et l’avenir sans se renier devant le 1er obstacle.

Je voulais faire ce soir ces rappels sur le passé de Benoit Hamon parce qu’ils éclairent ce qu’il veut faire pour l’avenir, pour notre pays, pour les Français.

Cette campagne des primaires fût certainement trop courte mais elle fut suffisante pour qu’on ne puisse pas oublier les actes et la cohérence du parcours de chacun des candidats.

Oui mes amis, dans ce quinquennat dans lequel nous avons perdu la confiance de tant d’électeurs de gauche, nous avons, chacun à notre manière, tout essayé pour que la gauche réussisse. Au gouvernement, au Parlement, lors du Congrès, nous avons débattu, nous avons proposé, sans malheureusement être ni écouté ni entendu.

Nous avons su aussi nous opposer quand nos valeurs étaient attaquées au moment de la déchéance de nationalité, ou quand on remettait en cause le droit du travail sans justification réelle ni discussion préalable. Nous l’avons fait avec l’intime conviction que nous étions en résonnance avec nos électeurs. Et dimanche dernier, en cumulant les scores d’Arnaud et de Benoit, nous avons eu la confirmation qu’aux yeux des électeurs de gauche, les véritables frondeurs à nos idées n’étaient pas là où on le disait.

Ici à Lille, où l’équipe municipale de Martine Aubry se bat au quotidien pour que le vivre ensemble soit une réalité, pour que les citoyens des quartiers populaires restent au cœur de la ville, ici à Lille, on a refusé la bataille identitaire que l’on veut nous imposer.

Alors, je veux remercier Benoit d’avoir porté tout au long de sa campagne des primaires ce regard, cette vision, que nous partageons sur les quartiers populaires, sur ceux qui y vivent, sur les nôtres.

Merci enfin Benoit d’avoir, malgré les attaques, malgré, disons-le, les saloperies, d’avoir tenu bon et d’avoir rappelé que la laïcité, cette valeur qui est au cœur de nos convictions politiques et du modèle français, est pour nous un outil pour le vivre ensemble, pas un prétexte pour le rejet de l’autre, même et surtout quand nous sommes attaqués par l’obscurantisme.

Nous savons que la droite et l’extrême droite vont tenter dans les prochaines semaines d’imposer le repli identitaire, cette France rabougrie et xénophobe que nous ne voulons ni pour nous ni pour nos enfants.

J’ai confiance qu’avec la candidature de Benoit nous allons pouvoir avec fierté retrouver le chemin des quartiers populaires pour lesquels il reste encore tant à faire.

Un dernier mot, une dernière raison pour persuader les indécis dans cette salle, s’il en reste encore, de voter dimanche prochain pour Benoit Hamon.

Ce matin, dans une interview croisée dans un quotidien du matin, il y avait deux visions de ce qui se passera après le scrutin de dimanche.

Celle de Manuel Valls qui disait « on verra lundi », et celle de celui, Benoit pour le citer, qui s’est engagé à rassembler le Parti Socialiste, tout le Parti Socialiste, avant de rassembler la gauche, toute la gauche, sans exclusive, et les écologistes.

Ce rassemblement il est indispensable pour gagner en mai. Alors, cher Benoit, sois convaincu que je serai à tes côtés, dès dimanche soir, pour fabriquer avec toi ce rassemblement.

Merci à vous